Dans les starting-blocks – « Allez zou ! » : Jean-Luc Mélenchon « prêt » à officialiser sa candidature à la présidentielle.

Lors de sa prise de parole du 1ᵉʳ Mai à Paris, le chef de file de La France insoumise a confirmé que son camp était «prêt» à partir en campagne. Il pourrait endosser le costume du premier des insoumis pour 2027 dès dimanche soir.

ParLilian Alemagna

Dernier échauffement avant le top départ ? Juché sur le camion de La France insoumise, place de la République à Paris, avant le départ du cortège parisien du 1er Mai, Jean-Luc Mélenchon a peut-être effectué, ce vendredi, sa dernière prise de parole de non-candidat. Dimanche, les parlementaires – français et européens – et les maires de son mouvement – en tout 92 responsables politiques – se réunissent à huis clos pour décider du nom qu’ils vont proposer pour les représenter en 2027. Et, sauf énorme surprise, ce sera celui de Jean-Luc Mélenchon, partant pour une quatrième candidature à la magistrature suprême.

« Nous sommes aujourd’hui à moins d’un an du deuxième tour de l’élection de 2027, a-t-il rappelé, en verve, à son public du jour. Moins d’un an les petits amis et dans moins d’un an, zou ! On y va ! Zou les chaussures de marche ! Zou les stylos pour le porte-à-porte ! » Comme si l’ancien socialiste, qui rappelle souvent combien il est « dur » et « usant » d’être candidat à la présidentielle, trépignait de chausser les siennes – de chaussures – et d’endosser à nouveau le costume du premier des insoumis.

« Est-ce qu’ils nous prennent vraiment pour des imbéciles ? »

« Il est plus que temps de tourner la page » d’Emmanuel Macron et de faire « autre chose, autrement », a-t-il revendiqué place de la République, entouré de parlementaires et de nouveaux maires LFI, comme celui de Saint-Denis, Bally Bagayoko, ou celui de Creil, Omar Yaqoob. « Il y a ceux qui s’en vont, ceux qui bavardent et ceux qui sont prêts. Et nous sommes prêts ! » a poursuivi Mélenchon, après avoir longuement rappelé les racines du 1er Mai, « jour de luttes sociales », et s’en être pris au gouvernement et au « petit monsieur Attal » qui souhaite changer les règles de ce jour férié en permettant aux boulangers et aux fleuristes de faire travailler leurs salariés sur la base du volontariat ces jours-là. « Est-ce qu’ils nous prennent vraiment pour des imbéciles ? a-t-il ironisé. C’est les boulangers et les fleuristes pour que, l’année d’après, ce soit les autres. Comme ils l’ont fait pour le travail du dimanche où ils nous avaient dit : “c’est exceptionnel !“ » « Ils vous ont mis la retraite à 64 ans […] ils la mettront à 67 ans si vous les élisez encore ! » a-t-il encore prévenu sous les applaudissements des présents.

« Tout est politique ! » a scandé Mélenchon, appelant, compte tenu de la situation internationale et de ses conséquences économiques marquées par l’inflation, à « décréter des lois d’urgence sociale » et « harmoniser les salaires avec l’augmentation des prix ». « Le premier de nos mots d’ordre c’est d’augmenter les salaires », a-t-il ajouté, prenant soin de rappeler qu’il s’agissait du « mot d’ordre » des syndicats organisateurs des défilés du 1er Mai.

Offensif, moqueur – comme à son habitude – des médias et des commentateurs (« Le monsieur qui est à la tribune, il est clivant ! Et ben il en est content… ») le chef de file des insoumis pourrait, après avoir percé en 2012 (11,1 %), confirmé en 2017 (19,58 %) et manqué le second tour à un peu plus de 420 000 voix en 2022 (21,95 %), officialiser dès dimanche soir sa quatrième tentative élyséenne. A moins qu’il ne fasse encore quelques tours de terrain pour parfaire son échauffement.

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